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AccueilRetourLa Villa Beatrix Enea, de sa construction à nos jours
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La Villa et son parc n’ont pas eu à enterrer leur illustre passé. Ils font désormais partie intégrante du patrimoine municipal et, depuis 1995, représentent un pôle important de la vie culturelle angloye.

Un patrimoine conservé

Un grand escalier central, de style espagnol, permet d'accéder aux étages. Mosaïques, vieux fourneaux, parquets et plafonds ont été sauvegardés.
Une intervention "en douceur" menée par les services techniques municipaux qui ont su ménager la bâtisse et les finances publiques. Beatrix Enea, simplement rafraîchie, s'avère tout à fait adaptée au fonctionnement du service public avec ses espaces d'accueil, de travail, d'archives et de stockage de matériel
Au rez-de-chaussée, les anciens salons servent de lieux d'expositions. Des animations régulières y sont offertes au public et aux scolaires. Le nouvel espace de Beatrix Enea, bouffée d'oxygène pour les services municipaux, a donné un véritable souffle à la politique culturelle de la cité.

Les murs ont une histoire

A l'époque napoléonienne, on trouvait là une ferme, ancienne propriété de la famille de Saubade Pennes (la mère du poète gascon Justin Larrebat). La propriété a été achetée par Paul et Julienne Campagne qui ont fait construire au début des années 1900 une somptueuse demeure d'une superficie de 1077 m2, en conservant la ferme devenue conciergerie, dans un magnifique parc d'agrément de 10 290 m2. L'architecte Larrebat-Tudor en a fait les plans et le décorateur bayonnais Perret en a conçu l'aménagement intérieur.
Le parc, quant à lui, a été dessiné par la maison Gélos. Au début du siècle, Paul Campagne (1870-1941), ancien avocat, dirigeait l'hôtel d'Angleterre à Biarritz, à la suite de son père Marcel Campagne (1818-1900) fondateur propriétaire de l'établissement. Avec son épouse Julienne Moussempès (1879-1956), fille d'entrepreneur, il fit construire MARNOGER. La Villa portait le nom abrégé de leurs trois enfants : Marcel (1901-1918), Nora (1902-1956) et Roger (1905-1945).
"...Les murs résonnent encore des jeux des trois enfants : bicyclette, lecture, musique, tennis. La famille n'y vivait que pendant les vacances et s'y rendait accompagnée des domestiques tous les jeudis et dimanches, en calèche, à bicyclette ou parfois en automobile louée. Des cousins et amis les rejoignaient souvent : les Betbeder, les Couzain (de l'hôtel des Princes), les Laffargue, les Paton (de l'hôtel de Paris), les Fourneau (de l'hôtel Victoria), les Tiphaine (de l'hôtel Continental), les filles de Félix Campagne (de l'hôtel de France, à Pau), les Bernies, les Caron de la Carrière... Le reste de la semaine, la propriété était le domaine de Berthe et Paul Dambrun, les enfants d'Antoine, le jardinier, et Justine, la cuisinière, qui habitaient la conciergerie (l'ancienne ferme au bout du jardin). La Grande Guerre ne changea pas les habitudes, même si la gouvernante allemande fut remplacée par une anglaise, miss Norah..."

Après la Première Guerre mondiale, les Campagne vendent leur résidence secondaire avec le mobilier. Ils connaissent alors quelques difficultés financières et doivent restreindre leur train de vie. Transformé en hôpital militaire, l'hôtel d'Angleterre ne leur avait en effet rien rapporté durant la guerre.

Beatrix Enea : maison d'architecte signée Raymond Larrebat-Tudor (1859-1943)

Raymond Larrebat-Tudor, né à Bayonne en 1859, fils du poète Justin Larrebat (qui repose au cimetière de l'église Saint-Léon de l'autre côté de la rue) et petit-fils de Saubade Pennes, était un autodidacte à la réputation d'originalité. Il retrouve ici une terre familiale.
La Villa en pierres de Bidache porte les marques de l'éclectisme en vogue à l'époque : l'arc Tudor (arc gothique surbaissé) que l'on retrouve dans presque toutes ses réalisations de Biarritz. La façade principale s'ouvre sur le parc. Au rez-de-chaussée une terrasse surélevée, à l'étage une galerie couverte. A l'angle, une tourelle abrite une loggia supportée par un culot ornementé, et confère une note néo-gothique à une composition plutôt classique.
A noter le traitement du bois des avant-toits et l'élégant portail de bois et de serrurerie couvert d'un petit toit de tuiles.

De Marnoger à Beatrix Enea

La Villa a connu plusieurs propriétaires. Au début du siècle, s'y installent Monsieur Mac Kinley y Bemberg et Madame Vera de Richter, de nationalité argentine, ayant convolé en deuxième noces le 20 juillet 1915, en l'église orthodoxe de Zanenenskaya à Vilna (Pologne). En 1934, les Mac Kinley, connaissant quelques difficultés financières, vendent leur maison à une princesse, Maria Piedad de la Sanctisima Trinidad Cipriana Reymuda Iturbe, Marquise de las Navas, épouse de Maximilien Egon, prince de Hohenlohe Langenburg, pour la somme de 300 000 francs. Le couple réside à Madrid et vient à Anglet en villégiature. Leur villa d'été rebaptisée Beatrix Enea connaît, à cette époque, son heure de gloire. Mais, en 1971, la princesse devenue veuve cède sa propriété à une société, les "Établissements Akazia" dont le siège est à Vaduz, au Lichtenstein. L'un des principaux actionnaires, Angel Rivera de la Portilla, en fait sa résidence principale.
En 1985, sans héritier, il cède sa propriété à la Ville pour 3 200 000 francs, se réservant un droit d'usage de quinze années pour son épouse, Erika Hennig, née à Dresde. Suite au décès de son mari, le 2 octobre 1993, Mme de la Portilla abandonne son droit d'usage, obtenant de la Ville d'Anglet la prise en charge de ses frais de logement jusqu'en 1999.
Ancienne résidence cosmopolite, la Villa et son parc, ouverts au public, contribuent pleinement à la qualité paysagère du centre ville. 

Le parc de Beatrix Enea : lieu d'accueil pour la sculpture...

Lorsque la Ville fait l'acquisition de Beatrix Enea, une sculpture représentant un homme couché, signé de F. Perez Mateo, se trouve dans le parc.

La pierre Matière et Lumière de Jesús Echevarria entre dans la collection municipale et rejoint le parc de la Villa Beatrix Enea le 24 novembre 1999, au seuil de l'an 2000. Le sculpteur cherche ici à épurer son art et à capter la lumière. Une face vers le sud et l'autre vers le nord géographique, sa fente médiane permet au soleil, à midi solaire, de traverser la pierre et de tracer au sol une ligne lumineuse sur la méridienne du parc, qui est matérialisée par de la végétation.

Les fleurs magiques de Federica Matta sont acquises par la Ville en 2000, après son exposition et installées dans le parc de la Villa. Elles se composent de cinq sculptures en résine, peintes à l'acrylique : lune, soleil, pic, boule œil, et trident illuminent le parc de leurs couleurs flamboyantes.
Les sculptures en métal de Claude Viseux ont été installées dans le parc à partir de 2004.

... et une promenade pour naturalistes

Faune et flore habitent le parc boisé de la Villa. Le promeneur peut y croiser belettes, chauves-souris, écureuils, hérissons, petits rongeurs et autres mammifères. Les oiseaux des parcs et des jardins sont nombreux : citons entre autres bergeronnettes, chardonnerets, fauvettes, geais, grives, merles, mésanges, pics, pies, rouge-gorge, serins...
Les essences forestières introduites sont bien mélangées aux espèces indigènes. Les espèces étrangères sont pour la plupart originaires d'Amérique du Nord et du continent asiatique. Au milieu d'un espace jardiné remarquable, se dresse une petite serre de rosiers, encadrée d'arbustes divers. A ne pas manquer, le magnolia d'une espèce unique en Europe qui se multiplie par marcottage. La collection de camélias quant à elle recense vingt-cinq espèces différentes dont certaines sont aujourd'hui disparues.

La roseraie

L’une des plus belles roseraies d’Anglet se trouve à Beatrix Enea. Recomposée par les pépinières Grün en 1996, elle présente quarante-trois espèces de roses, pour un total de deux-cent-quatorze rosiers dont quarante-trois pieds sauvegardés et cent-soixante-neuf rosiers anciens plantés, auxquels s’ajoute un parterre de quarante-quatre pieds anciens.
Parmi les espèces les plus anciennes, figurent la Trigintipetala, originaire du Moyen-Orient ou encore la York and Lancaster qui serait antérieure à 1551. D’autres portent des noms évocateurs, telle la Belle au bois dormant ou la Cuisse de nymphe, déjà connue au XVe siècle. Signalons aussi la Rose des peintres, variété connue avant 1800.

Le film rétrospective sur la Villa Beatrix Enea

Réalisé en octobre 2017 à l'occasion de sa réouverture.

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